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  D’une stupéfiante élégance et habileté, tout en courbes et volutes d’un naturel saisissant, les créatures imaginaires de Benalo – flore et bestiaire de pure invention, combinant les formes, les membres et les règnes, comme pour proposer à une nature en danger d’épuisement la possibilité de nouvelles mutations – sont réalisées dans la matière la moins docile qui soit : l’acier, mis en forme, poli et soudé pour lui faire épouser la fluidité organique de la morphologie vivante. Pourquoi avoir choisi ce matériau, particulièrement difficile, à l’ère des résines ou des matières plastiques thermoformées ? Par défi, esprit de résistance, besoin de se battre avec la matière ? Ou pour figer plus durablement, dans ce qui fut longtemps le symbole même de l’industrie moderne, les véritables oxymores visuels que constituent ces étonnants simulacres de la vie ? Depuis Guimard et les artisans artistes de l’Art Nouveau, à Glasgow, Bruxelles, Paris ou Nancy, on avait rarement retrouvé pareille inspiration, qui évoque également de façon irrésistible les planches photographiques de Karl Blossfeldt, dans son ouvrage splendide sur « Les formes basiques de l’art », paru à Berlin en 1928.    

De conception profondément naturaliste, renouant, par les moyens d’aujourd’hui, avec l’esprit véritable de l’art des temps préindustriels, l’univers de Benalo n’a en fait que de superficielles analogies avec le fantastique ‘dark metal’ ou une certaine science fiction d’Apocalypse dont on l’a parfois rapproché, sous prétexte que son auteur avait, dans sa jeunesse, compagnonné un temps avec les animateurs de la scène techno. Et si le site benalo.net s’ouvre sur une magnifique tête de mort en acier patiné d’un réalisme terrifiant, c’est davantage en guise d’avertissement, à la manière des vanités d’autrefois, que dans une volonté quelconque de référence à l’imaginaire biomécanique d’artistes comme Giger, si souvent exploité par l’édition et le cinéma. L’auteur préfère d’ailleurs parler de sculpture ‘métaorganique’, pour signifier sa volonté, non pas de transformer l’homme et la vie en machines, mais au contraire d’inscrire dans le métal, comme on l’a fait si longtemps dans le marbre, l’élan même de la vie dans toutes ses métamorphoses, réelles ou possibles. Comme si, à travers ses géniales chimères ou hybridations, il s’agissait pour l’artiste de continuer la création et, par les artifices de la technique, de soumettre les molécules de l’inanimé aux lois miraculeusement inventives de la matière organique. 

A ses débuts, l’art de Benoît Polvèche – le vrai nom de Benalo – s’est trouvé assez hâtivement rangé dans le fourre-tout de l’art des marges, pêle-mêle avec l’art brut et l’art singulier, tant il semblait, comme eux, étranger au mainstream de l’art contemporain, cette pratique, conceptuelle et minimaliste, dont Benoît subit l’enseignement sans plaisir à la faculté d’arts plastiques de Rennes pendant trois ans. A l’époque il faisait encore du mobilier de récupération en soudant, dans un design déjà raffiné et audacieux, des pièces mécaniques de camion. Aujourd’hui, avec le recul du temps et l’évolution spectaculaire de son travail, on voit clairement que Bénalo est en fait un artiste très savant, un ‘vrai’ artiste, à l’ancienne, tout aussi intuitif, instinctif et inspiré que ses cousins moins habiles mais, contrairement à eux, doué d’un savoir faire époustouflant. Seul le caractère autodidacte de sa démarche, anti conceptuelle et post-contemporaine, peut être encore facteur de confusion, à une époque où, dans le cursus artistique des universités et des écoles d’art, le discours, les arcanes du marketing culturel et les nouvelles technologies ont éclipsé l’apprentissage technique traditionnel, et où chaque créateur est obligé de réinventer son métier à partir de zéro.

 © Laurent Danchin

www.mycelium-fr.com


Benoît Polvêche est né dans les nord de la France en 1972. À l’âge de onze ans, sa famille s’installe au bord du golfe du Morbihan. C’est peut-être ce contact avec la mer et la nature qui vont plus tard l’inspirer, et orienter sa création vers le bios sous toutes ses formes les plus étonnantes. Du végétal au subaquatique, des insectes à l’humain, vertébrés et invertébrés, il mélange les thèmes du vivant, créant des symbiotes toujours plus utopiques. Techniquement autodidacte, le métal s’impose très vite comme son matériau de prédilection. C’est par la création elle-même qu’il évolue dans ses thèmes, une sculpture en amenant une autre, par mélanges et croisements. Benalô invente incessamment de nouvelles formes organiques constituant un biotope fou et fantaisiste.


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Benoît Polvêche was born in 1972 in France. He lived in Brittania during his creative awareness. Near the sea, he was exposed to all the unusual microcosms that can be discovered.
During his years at the art academy, he became frustrated with the conceptualist teachings, with too much emphasis on words ; and decided to embrace a more sensual path of self expression. The early pieces were practical and experimental. As time went on, he began creating more biological beings, giving respect to nature. Living in Brussels is reminiscent of his childhood from the North of France. Now with the birth of each creation he reflects on the past and future essence of life.
The spontaneous method of creation lends the viewer to be assaulted in their senses. When confronted with one of the beings, one can consider the innumerable posibilities of pathways in life. The chaotic energy of the earth is reflected in each piece and mirrors the common thread of multiple life forms coming together...
Chriz
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De benaderingswijze prikkelt de zintuigen meteen zonder omweg of medium.De figuur spreekt voor zichzelf zonder nood aan uitleg of woorden.Het instinctmatige en spontane werk creert verschillende thema's zoals verschillende geslachten die men als het ware ziet opgroeien en muteren,in hun natuurlijk evolutie proces.De alledaagse lichaamsvormen worden voorbijgestoken om zo een gemuteerd lichaam te verkrijgen,dat verstrengeld is in z'n eigen vorm en zo een polymorph lichaam vormt dat verschillende organismes kan voorstellen. het metalen lichaam dat de interne krachtlijnen vrijlaat,de expressie van een gereorganiseerd lichaam.Een werelds netwerk dat de sensatie van de lichamen weergeeft. Ieders verbeelding is dan ook vrij om de vormen te interpreteren en te reorganiseren naar eigen verbeelding.
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